Mathias Schmied

Profil de l'Artiste

« Mathias Schmied est fou de papier et de dessin. De papier et de dessin de toutes sortes. S’il a fait de celui-ci une pratique quasi exclusive et s’il use de celui-là pour matière première de son travail, il les a tous deux instruits à l’ordre d’une esthétique pleinement innovante… Textes et images sont en effet les ingrédients récurrents avec lesquels il ne cesse de composer…. l’artiste manie le scalpel, comme d’autres la mine de plomb, le fusain ou la plume. A ce jeu du caviardage, dont le fondement esthétique est un travail sur le vide, la démarche de Mathias Schmied s’apparente à celle d’artistes comme Gordon Matta Clark ou Michael Heizer. Chez lui, non seulement le « process » devient œuvre mais la découpe y est déterminée par le matériau source avec lequel il compose. Son art compte ainsi diverses séries de travaux dont le dessin est tout à la fois le moyen et la forme…. La revendication par l’artiste du statut de « dessin » pour qualifier ses différents travaux trouve ainsi sa pertinence à différents niveaux. Tout d’abord, dans ce qu’ils procèdent de la notion de trait dont l’assure la pratique de la découpe (hommage à Matisse) ; ensuite, dans la mise en œuvre des éléments découpés selon des dispositifs qui renvoient à l’idée de rhizome (effet d’époque) ; enfin, dans une relation à l’idée de narration qui les rapproche de la question de l’écriture (forme conceptuelle du dessin) – et pour tout dire, dans ce que son dessin s’impose comme une évidence, c’est-à-dire possède cette qualité supérieure de faire voir. A plus d’un titre, l’art singulier de Mathias Schmied témoigne de l’intelligence d’une création qui cultive volontiers, par ailleurs, le ludique et le curieux. »

Extraits texte Philippe Piguet - Mathias Schmied ou le caviardage comme forme évidente du dessin.

Mathias Schmied est représenté par la Galerie Houg (Lyon) et par la José Bienvenu Gallery (New York).