Mathieu Grenier

Profil de l'Artiste

Au premier regard, les fragments monochromes prélevés directement des murs de l’exposition de la collection permanente du Musée d’art de Joliette révèlent toute la froideur clinique de l’espace blanc et aseptisé caractéristique des salles d’exposition. La perfection géométrique et la monochromie apparentes des prélèvements font de la série de Mathieu Grenier la trace un peu austère – quoique ludique, aussi – d’une parcelle de l’histoire de la peinture du Québec : les empreintes des Ozias Leduc, Paul-Émile Borduas, Rita Letendre, Paterson Ewen, Jean-Paul Jérôme, Fernand Leduc et Claude Tousignant y sont montrées de manière quasi scientifique, soumettant le travail du technicien de montage ainsi que la surface de mur comme objets d’étude. La sélection des oeuvres a été faite de manière à reproduire partiellement Au-delà des signes, l’un des volets de l’exposition permanente de l’institution joliettaine dédié à la modernité picturale au Québec. 

C’est dans un rapport de proximité avec les oeuvres que l’on constate toute leur complexité, d’où émergent de fins détails : les prélèvements conservent toute la trace du travail du technicien – des marques de crayons aux ajustements qu’il a pu effectuer lors du montage, le système d’accrochage et de sécurité, le vestige des accrochages antérieurs, etc. –, gardant ainsi intacte la trace physique du dernier tableau que l’échantillon de mur a pu exposer. 

La série offre au regard l’équilibre précaire entre la fragilité des oeuvres et le travail, plus rude, nécessaire à leur extraction. L’effritement et les fines craquelures qui fissurent la surface de certains prélèvements dévoilent toute la fragilité de leur condition et ce que l’on tente généralement de contrer : l’effet du temps. Ces légères « imperfections » nous révèlent également la structure interne des oeuvres et ses faiblesses, tel le joint du mur, qui nous renvoie à l’arrière du tableau, habituellement caché du regard. L’allure blafarde, presque fantomatique, évoque l’absence et le vide : les prélèvements de Mathieu Grenier appellent à la mémoire et nous invitent à nous rappeler l’un des moments importants de l’abstraction au Québec, tout en poursuivant de manière conceptuelle l’abstraction par la proposition de monochromes. 

2013The Belgo Report | Vincent Marquis
 "Off the Wall" : Peinture Extrême - Cadrer le tout at Galerie Trois Points | 16 juillet
 
2013Le Devoir | Jérôme Delgado
 Peinture, entre l'essence et l'excès | 13 juillet
 
2013Montréalistement | Normand Babin
 Peinture extrême 2013 : troisième parcours | 9 juillet
 
2011Artichaut Mag | Simon Levesque
 Entre deux feux, de mémoire | 16 avril
 
2011Le Devoir | Jérôme Delgado
 Exposition - Les risques de la jeunesse | 26 mars