15HERTZ

du 8 septembre 2012 au 6 octobre 2012

Exposition

L’été 2012 a été particulièrement occupé à la Galerie Trois Points. Derrière les portes closes, l’espace de la galerie a été entièrement réaménagé, la surface d’exposition doublée. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que nous inaugurons ces nouveaux espaces en présentant l’imposant nouveau corpus du peintre montréalais Sylvain Bouthillette.

Cette plus récente production continue de questionner les thèmes chers à l’artiste, la spiritualité, l’héritage de l’histoire de l’art – de la peinture –, l’influence musicale, la matérialité du médium. La répétition du motif est centrale dans la pratique de Bouthillette où l’œuvre demeure toujours dans un état de non finitude, alors que le peintre « [bataille] à répétition avec un problème pictural qui l’absorbe » et use de « toutes les méthodes d’inachèvement volontaire, d’accident provoqué, et de risque de tout faire rater sur lesquelles s’échafaudent invariablement ses œuvres[1] ».

Si l’influence du son, de la musique, est présente en général dans la pratique du peintre, elle donne ici son titre à l’exposition. 15HERTZ est une « fréquence inaudible pourtant perceptible par notre corps jusqu’à nous émouvoir », comme l’explique Anne-Marie Ninacs dans l’opuscule qui accompagne l’exposition. « Cet effet sonore sous-jacent, souterrain, n’est pas étranger à la plupart des musiques qu’il écoute en boucle en travaillant, jazz, reggae, dub, qui ont toutes une semblable qualité de “continuité sans fin” […] ».

On retrouve souvent le motif du crâne dans le travail de Bouthillette, symbole par excellence de la vanité, du memento mori, dans l’histoire de l’art, rappel de l’impermanence de toute chose qui nous ramène à notre propre mortalité. Comme le souligne Ninacs, « en insistant sur cette représentation classique de la vie terrestre vaine, c’est toutefois une méditation sur la vacuité que Sylvain semble chercher à stimuler», une dimension spirituelle fortement liée à sa pratique bouddhiste.

Sylvain Bouthillette détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia, où il enseigne actuellement la peinture. Il a largement exposé au Québec, au Canada et à l’étranger, à Reims (France), à Bâle (Suisse), au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d’art contemporain de Montréal. Le Musée régional de Rimouski et le Centre Expression de Saint-Hyacinthe ont conjointement organisé une importante exposition du travail de l’artiste qui a ensuite voyagé au Canada entre 2006 et 2008. Son travail est largement représenté dans les différentes collections muséales et corporatives, notamment celles du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, du Cirque du Soleil, de la Banque Nationale du Canada, de Loto-Québec et d’Hydro-Québec.

 

[1] Anne-Marie Ninacs, « Absorption–Émission », dans SYLVAIN BOUTHILLETTE : 15HERTZ, Montréal, Galerie Trois Points, 2012 (opuscule). Conception graphique de Simon Rivest. Toutes les citations suivantes se rapportent à ce texte.

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