La lenteur et autres soubresauts

du 12 janvier 2013 au 16 février 2013

Exposition

Imprimer la forme à une durée, c'est l'exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire.
- Milan Kundera, La Lenteur -
 

Si le passage du temps fascine et effraie, si le rythme que nous nous imposons au quotidien nous essouffle, l’exposition La lenteur et autres soubresauts s’offre comme un contrepoids, un moment de répit et de contemplation avec le travail de trois artistes femmes. C’est avec grand plaisir que nous débutons l’année avec cette exposition collective qui nous permet de présenter pour la toute première fois le travail d’Anne- Renée Hotte et d’Erika Kierulf, qui accompagnent les plus récentes œuvres de Nathalie Grimard, artiste représentée par la galerie. Présentée à la galerie du 12 janvier au 16 février 2013, l’exposition s’articule autour des médiums photographique, vidéographique et papier avec des œuvres qui s’inscrivent dans une sorte de litanie, un arrêt sur image qui permet à notre regard de se fixer, l’espace d’un instant.

La question de la litanie est particulièrement présente dans les œuvres sur papier de Nathalie Grimard, qui renoue avec sa pratique de broderie, notamment développée en 2007 dans l’exposition Vertiges. Ici, l’artiste choisit de défaire chacun des fils du pyjama de son défunt père et de les utiliser pour créer des motifs circulaires sur d’immenses papiers, rappelant par la forme le signe de l’héliport visible de sa chambre d’hôpital. Le processus de déconstruction du vêtement est une démarche pénible en soi, voire douloureuse. Si elle relève en partie d’une nécessité pour l’artiste de rendre tangible le processus de deuil, elle souligne surtout les thèmes de la fragilité, de la famille et de l’éphémère.

À travers ses œuvres vidéo et photographiques Anne-Renée Hotte nous propose une vision romantique du paysage - grandiose, voire sublime - dans lequel se joue une saga familiale imaginée, un récit qui se révèle tout en douceur à notre regard. Les questions de famille et de filiation sont fondamentales dans la pratique de Hotte, alors que le paysage devient à la fois symbole d’identité et du passage du temps visible au fil des saisons, projetant ces actions dans un espace idéal, imaginaire, fictif et hors du temps.

Le rapport à la nature est central dans la pratique d’Erika Kierulf, qui l’explore à travers la vidéo et la photographie. L’artiste pousse notre regard à s’attarder à la forme, déjouant notre perception à travers un délicat jeu de rapports d’échelle alors qu’elle crée de toutes pièces des paysages célestes à partir de matières organiques ou s’attarde aux impressionnants phénomènes naturels qui évoquent la question de la collectivité, la communauté autant que le passage du temps. Kierulf s’intéresse à l’impalpable, aux idées difficiles à exprimer à travers la forme qui reflètent l’ultime découverte de la nature, soit que nous demeurons toujours seuls, malgré un monde d’interconnexions.

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