De l’autre côté de l’abstraction

28 avril - 26 mai 2007

Michel Daigneault fait partie de cette nouvelle génération de peintres abstraits nés « après l’abstraction ». Alors que dans ce mouvement artistique tout semble avoir été fait, ses tableaux témoignent, au contraire, d’un renouvellement du langage pictural abstrait. Ses oeuvres, bien que non-figuratives, jouent sans cesse avec l’idée de la figuration, les couleurs, les formes, leur agencement dans l’espace incitant le spectateur à créer des analogies. À ce propos, Gaston Saint-Pierre a déjà noté : « La peinture de Michel Daigneault  est régie par le règne de l’interférence, de la compatibilité, de la transitivité des systèmes et des registres de l’image. Nous ne sommes pas dans le domaine de l’illusion, mais dans celui de l’allusion ».

Ce qui est aussi particulier dans l’œuvre de cet artiste tient dans une façon de peindre à la fois séduisante et ludique, toujours équivoque et désinvestie de tout pathos. Le spectateur, face à ces tableaux constitués d’éléments qui semblent en mutation, retrouve cette faculté de l’enfance à explorer les moindres détails. Cela étant la voie privilégiée de la familiarisation avec l’image, car selon Serge Tisseron, «… elle permet non seulement de connaître celle-ci mais surtout d’y entrer et de l’habiter ». Ce sont donc des tableaux qui nous permettent de créer des associations qui,  en retour, transforment notre perception de telle ou telle de ses parties.

Son exposition actuelle, « De l’autre côté de l’abstraction », intensifie l’orchestration d’un espace en mutation pour fragiliser la frontière entre les deux grande catégories de la peinture que sont la figuration et l’abstraction. Dans ses nouveaux tableaux, le peintre incite le spectateur à s’interroger sur ce qu’il regarde en l’entraînant dans un espace pictural où le vocabulaire abstrait côtoie des réalités reconnaissables. Ce stratagème qui est celui de produire des glissements entre deux modes de représentations, propose une exploration polysémique de l’abstraction, une exploration qui ne serait pas qu’optique comme nous l’a proposé la modernité, mais tissée à d’autres réalités du langage, comme la rhétorique et la sémiologie.

Michel Daigneault est né à Montréal et détient un baccalauréat en arts plastiques de l’Université Concordia et une maîtrise en histoire de l’art de l’Université de Montréal. Il a présenté de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada, aux États-Unis et en Europe. À titre de professeur invité, il a enseigné la peinture dans plusieurs universités au Canada : Nova Scotia School of Art and Design, Halifax; Emily Carr School of Art and Design. Vancouver; University of Lethbridge, Alberta et l’Université du Québec à Trois-Rivières, Québec Il a aussi enseigné à L’École nationale d’art de Cergy Pontoise en France et à Ohio State University. Depuis 2002, il est professeur au département des arts de l’Université York à Toronto.

Communiqué de presse