… et toutes les gouttes de la mer…

Michelle Héon

8 septembre - 6 octobre 2007

Michelle Héon sculpte inlassablement le motif de la mer allée avec ses lumières, de la vague et de ses remous.  Sans doute, l’enjeu  fondamental de cette recherche passionnée tient-il dans la périlleuse proximité -conciliation impossible ?- de l’instant et de sa durée.

Tantôt perle dégouttante, tantôt précieux réceptacle d’une mer à venir, la goutte grisée sur son lit d’écume s’agite et mousse à plaisir au gré des rencontres mais elle n’ignore pas la tragique métamorphose : elle n’est déjà plus. Il lui faudra, comme semble le mettre en évidence Michelle Héon, maintes et maintes fois se renouveler, elle et ses semblables, pour donner l’illusion de sa permanence. Laisser place pour advenir.

… Et toutes les gouttes de la mer pourrait donc bien signifier que la mer, que la vague, que la goutte sont toujours autres qu’elles-mêmes mais toujours puissances créatrices, de cette même puissance qui s’exprime dans le temps, où le Devenir, aux dires du philosophe, est le principe même de la réalité. Mais quelle réalité ? A-t-on dit assez la difficulté de rendre précises ces formes muables et proches de l’incertain ? Quoi saisir ?

Cette exposition nous fait toucher du doigt la pertinence du choix de Michelle Héon : l’image fixe met magistralement en mouvement les éclats d’eau et autres tourbillons, les lactescences vertigineuses et les accalmies, les cris comme les chants … Car la vague est le pli de la mer, qui s’ouvre et s’offre à l’infini. La vague est le cri de la mer qui s’épuise à l’infini et toutes les gouttes de la mer sont ses figures de lamentation.

Communiqué de presse