La vue et la voix ne lui étaient pas étrangères

19 février - 18 mars 2000

Du 19 février au 18 mars prochain, Mario Côté est de passage à la Galerie Trois Points pour nous présenter sa plus récente production.

Depuis 1996, Mario Côté scrute L’Homme à la caméra (1928) de Dziga Vertov, film fondateur de l’expérimentation des images en mouvement. En observant ce dernier en copie vidéo, il a pu y détecter des images invisibles au visionnement normal. Entre deux plans, l’artiste a en effet identifié sur la pellicule des signes manuscrits tantôt abstraits, tantôt lisibles. Point de départ des tableaux, ces inscriptions ont fait l’objet d’arrêts sur image puis d’agrandissements photographiques couleur. Dans la série de cinq tableaux ici proposés, Côté cherche à rendre visible le moment où la lentille de la caméra apparaît en gros plan et occupe la surface entière de l’image. Perceptibles  durant la formation de l’image, des taches, des collures et des usures de la pellicule ont été pour l’artiste productives de nouveaux sens au même titre que le demi-cercle final, lequel relance vers d’autres avenues la métaphore du ciné-oeil  chère à Vertov.

Dans le présent corpus, Côté explore également les espaces supérieurs ou inférieurs investis par la couleur et le collage de photographies. Empruntées au procédé de formation des images télévisuelles, ces bandes appelées « lignes du signal d’essais d’intervalle verticale » sont généralement réservées à l’encodage d’informations tels les sous-titres pour malentendants,  l’identification du contenu d’une émission, de l’heure, etc. Ces bandes électroniques permettent à l’artiste d’y juxtaposer des images qui viennent interroger ce lieu de renseignements dissimulés.

Dans cette perspective, le tableau devient pour Mario Côté un espace où les images sont mises à l’épreuve, un évènement où la couleur se transforme en une totalité d’images.

Communiqué de presse