L’empreinte du vide

André Jasinski

28 août - 2 octobre 1999

Dans le cadre du mois de la photo, la Galerie Trois Points, conjointement avec la Galerie Clark, présentera les oeuvres de 1’artiste belge André Jasinski, exposition montée par la commissaire Jennifer Couëlle. On retrouve de ses oeuvres parmi de nombreuses collections, entre autres celle de la Bibliothèque Nationale de Paris et le Museum of Fine Arts de Houston aux États-Unis. Sa présence en Europe fut marquée par une série d’expositions individuelles et collectives, par exemple, en 1992, celle de la Fondation Miro en Espagne . Bien qu’il ait exposé davantage en Europe, Jasinski n’en est pas à sa première exposition au Canada. En 1997, nous avons pu apprécier ses oeuvres photographiques au Centre Vu à Québec.

Le travail d’André Jasinski correspond essentiellement aux manières d’être des lieux, à ce lien inassouvissable entre l’image et le témoin en tant qu’expérience épurée, nûment, de la réalité qui éprouve. L’oeuvre se qualifie par la rencontre du regard des lieux avec celui de l’artiste. En effet, plus que le regard aux aguets de ce photographe, plus encore que le pouvoir évocateur des lieux dérisoires qu’il fréquente, il semblerait que ce soit la symbiose des deux qui définisse à la fois chair et charpente de ses paysages.

Ses intérêts formels se précisent au début des années 1990, à travers une schématisation et un dénuement stylistique succédant à des réalisations plus théâtrales. Cette décennie aura été marquée par la grandiloquence de son imagerie, où l’artiste, par exemple, scruta des nuits durant le spectaculaire naturel d’un imbroglio de chablis sous les feux d’une lampe de poche.

En ce qui concerne Chantiers, un recueil de vues nocturnes de Bruxelles et de Genève réalisé entre 1993 et 1995 dans le cadre d’une mission photographique, André Jasinski posta son appareillage devant la pénétrante immobilité de terrains flous et de chantiers industriels désertés pour un temps d’exposition prolongé. Le respect, devenu un médium dans son travail, cherche ici à apprivoiser les territoires limités en les invitant à se révéler. La série Tchéquie (1996), réalisée de jour cette fois, dévoile un regard concis et patient à travers les limites d’un cadrage serré, sur la fragilité et la richesse d’un exil ravagé par l’extraction de lignite à ciel ouvert. Il donne vie à ces paysages tranquilles mais tiraillés par la contrariété de la privation et de l’exotisme fantasque.

Communiqué de presse