XXX-L

26 juillet - 5 août 2006

« It is better to have loved a short man than never to have loved a tall » Red Rose Tea bag tag, 1967.

La pénétration-perforation du corps masculin est encore un des plus grand tabou de notre société, la preuve étant que même dans le film Broke Back Mountain, la première relation sexuelle à lieu à un moment où les personnages sont saouls.

La nouvelle exposition des œuvres d’Evergon désire interroger cet espace sexuel. Pour cette raison, il devient important pour l’artiste d’être celui qui prend et qui acte dans ces images. L’objectif de la caméra devient cet objet contondant qui permet au créateur d’être celui qui est perforé-pénétré et celui qui perfore et pénètre. Cet acte de masturbation visuel devient une mise en abîme où l’artiste regarde l’objectif qui n’est pas un miroir, mais le pouvoir de la photographie de rendre éternel.

Pour construire ses images Evergon réutilise les positions sexuelles de la culture gaie et les revisite pour mieux neutraliser l’érotisme de ces images. Ces archétypes mille fois utilisés se retrouvent toujours réinvestis d’une nouvelle histoire. En s’appropriant cette image mnémonique, il rajoute une nouvelle strate à cette somme d’histoires, la sienne. Les oeuvres sont une tentative de se réapproprier la beauté de la sexualité et de reprendre contrôle de son corps dans une culture contemporaine centrée sur le corps parfait se désintéressant du potentiel de la sagesse de l’âme et du corps vieillissant.

« L’épée peut être celle d’un amant ou celle d’un étranger. Et si cette épée perforatrice serait la caméra? Alors, en tant qu’auteur, je deviendrais baiseur/baisé ou encore suceur/sucé ». (Evergon)

Communiqué de presse